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Rome : Une classe de futurs diplomates au cœur de la crise migratoire

La promotion 2017/2018 du Master 2 Diplomatie et Négociations Stratégiques s’est rendue en ce début d’année 2018 à Rome dans le cadre d’un séjour professionnel. L’objectif était simple : prendre conscience des enjeux de la crise migratoire par le biais d’une approche de terrain. L’expérience a été fructueuse et riche en émotions. En plus d’acquérir une meilleure connaissance des tenants et des aboutissants des politiques italiennes à ce sujet, ce séjour a été une belle opportunité pour apprendre à se connaître. Nous sommes un groupe de jeunes adultes, pour certains futurs diplomates, reliés par la même curiosité intellectuelle, la même volonté d’avoir un impact positif sur le monde, malgré les profils très différents qui composent cette promotion. Se confronter à la réalité de la crise migratoire, gérer les contraintes logistiques, s’adonner ensemble à l’organisation de ce projet a été l’occasion de se souder et de se comprendre les uns les autres. Cette aventure a été intense, parfois bouleversante. Voici un retour sur ce voyage unique en son genre, financé grâce aux aides universitaires et à la générosité de nos contributeurs.

Visite d’un camp de migrants

La crise migratoire est notre thème d’études cette année, et nous voilà le nez plongé dans les livres à ce sujet depuis des mois. Comment cette crise a-t-elle éclatée ? Comment la résoudre ? Quels sont les différents intérêts en jeu ? Quelle géopolitique des migrations ? Autant de questions auxquelles nous nous efforçons d’apporter des réponses, afin de pouvoir donner le meilleur de nous même lors de la simulation finale à Beyrouth (Liban) propre à ce master. Nous commençons donc à développer une certaine expertise en termes de politiques européennes ou autres analyses terminologiques (« migrant économique » ou « réfugié » ?). Seulement, cela ne suffit pas à former des diplomates compétents, des responsables dans des ONG ou des hauts fonctionnaires (métiers auxquels beaucoup d’entre nous se destinent). Aller directement à la rencontre de ces hommes et de ces femmes en ce début d’année, essayer de comprendre leur parcours, échanger avec eux, cela a été une façon de réaliser de suite de quoi nous parlions depuis des mois. Le temps d’un plat de pâtes cuites à l’eau réutilisée partagé en petit comité, le temps d’une partie de football, le temps d’une discussion en arabe, anglais ou français adossés aux abris de fortunes : nous pouvions enfin mettre des visages sur ce terme générique de « migrant ». Ce mot que l’on emploie à l’infini, qui fait partie de notre quotidien, que l’on entend à la télé, à la radio, dans les livres ou dans les manuels. « Migrant », « immigrant », « réfugié », « exilé » ou « déplacé », peu importe l’appellation. Pour une fois dans nos vies de juristes, la précision dénominative importait peu, puisque nous avions en face de nous des personnes écorchées par la vie, assommées par la douleur et, paradoxalement débordantes de courage, prêtes à nous raconter leur histoire.

Ce voyage était donc bien plus qu’un entraînement à la diplomatie, ce fût un véritable bouleversement pour certains, une manière de prendre conscience que derrière les termes aseptisés et conventionnels que nous utilisons chaque jour, se cache une tragédie humaine immense.

Les différents acteurs de la crise : une conférence passionnante

Les étudiants se sont rendus le jeudi 25 janvier à cette conférence qui aura durablement marqué les esprits. Lever à l’aube pour se rendre au centre d’études sur les migrations, sujet du jour : « Quelles perspectives pour la crise migratoire ? » Autour de la table : Madame Sara Prestianni, chercheuse au sein de l’Association culturelle ARCI Italie et de Migreurop, ainsi que Monsieur Matteo San Filippo, Directeur du Centre d’étude sur les migrations et professeur spécialisé en Histoire Contemporaine à l’Université de Tuschia. Ces deux experts des questions migratoires ont apporté des points de vue complémentaires, répondu patiemment aux nombreuses interrogations des étudiants et ont éclairci certaines questions complexes, notamment les accords controversés entre l’Italie et la Lybie.

A la découverte de l’Italie

Après le traitement de sujets aussi lourds que celui de la crise migratoire, nous avons eu la possibilité, puisque nous étions sur place, de découvrir les vestiges de la Rome antique, et quelques-unes des merveilles architecturales qui font de cette ville un trésor d’Histoire. Ainsi, nous avons eu l’occasion de parcourir les dédalles de ruelles, la vie « à l’italienne » et son bouillonnement culturel, créant encore plus de complicité dans cette promotion si éclectique. Puisque nous sommes de futurs diplomates, certains étudiants ont même pu visiter l’Ambassade de France en Italie. Située dans la bâtisse du Palais Farnèse, cette ambassade est chargée d’histoire de par son architecture mais aussi grâce au salon d’Hercule qui contient des tapisseries inspirées des fresques de Raphaël, sa galerie dite « Des Carraches », son jardin et bien plus encore.

Ce qui fait la particularité de notre Master 2, c’est sa dimension humaine, cette complémentarité entre théorie et pratique : un cursus universitaire qui ne forme pas des technocrates coupés des réalités. Riche en enseignements, ce voyage restera à jamais gravé dans nos mémoires. Merci à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien, ce séjour professionnel n’était que le premier pas d’une aventure riche en émotions. A présent, Beyrouth nous attend, et nous avons besoin de vous ! Pour nous soutenir, cliquez ici.

Salomé Saqué